Le calcium est de loin le métal le plus abondant dans le corps. Il joue un rôle essentiel dans la formation du squelette osseux et des dents, la coagulation sanguine, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles dont le cœur. Il a une grande importance dans les fonctions neuromusculaires. Il intervient dans le fonctionnement de nombreux processus enzymatiques.


Les malades atteint d’hypoparathyroïdie souffrent en premier lieu du manque de régulation du taux de calcium, une fonction qui est normalement assurée par les glandes parathyroïdes via la production de parathormone (PTH). 


Dans cette rubrique, vous trouverez des informations sur :

  • Les différents rôles du calcium,
  • L’équilibre calcique, la manière de le tester et comment essayer de le corriger si nécessaire, 
  • L’importance de limiter le stress,
  • Les éléments favorables et défavorables au maintien du calcium dans l’organisme,
  • Des notions d’alimentation,


Pour en savoir plus sur l’alimentation, nous conseillons la lecture de la rubrique “Alimentation” qui donne des conseils sur les aliments plus ou moins riches en calcium et la manière de les utiliser.


Les différents rôles du Calcium


Le calcium joue de nombreux rôles dans l’organisme humain :

  • Dans la solidité des os. Il est le minéral le plus structurant pour les os et les dents. Un trop faible niveau de calcium entraîne des complications comme l’ostéoporose (commune chez les femmes au moment de la ménopause),
  • Il intervient dans la transmission nerveuse et les muscles. Le calcium ralentit la transmission nerveuse et facilite la relaxation musculaire. Dit autrement il a un effet sédatif sur les systèmes nerveux et musculaire,
  • Le calcium contribue à la régulation de la perméabilité cellulaire. C’est un rôle important puisqu’il agit directement sur la capacité des cellules à absorber les éléments comme les hormones en provenance du sang,
  • Il maintient l’équilibre acido-basique. Le calcium est alcalin (il diminue le pH) et contribue au maintient du pH dans les cellules,
  • Il inhibe la production d’hormone thyroïdienne. Il y a une relation inverse entre le niveau de calcium et l’activité de la glande thyroïdienne (qui,elle, tend à réduire le calcium dans le corps),
  • Il favorise la sécrétion de l’insuline,
  • Il est nécessaire au métabolisme du phosphore et à la production d’énergie dans le cycle de krebs,
  • Il est aussi important comme agent antagoniste de certains minéraux toxiques comme le plomb ou le cadmium en aidant à bloquer leur absorption ou leur utilisation,
  • Il intervient dans le mécanisme de coagulation du sang,
  • Il facilite la digestion des graisses,

 

Quelques précisions :


Le calcium intervient dans la formation des os et des dents. Son déficit va donc les affecter (ostéoporose, problèmes de croissance). Son excès provoque l’apparition de calculs rénaux et une probable augmentation du risque cardiovasculaire.

Il est essentiel dans les échanges cellulaires et est, de ce fait, vital. Son taux sanguin (la calcémie) est extrêmement régulé, pour éviter des variations fatales à l’organisme. Les hormones impliquées dans cette régulation sont la parathormone (PTH) et la calcitonine. Le rôle « hormonal » de la calcitonine est discuté étant donné que son augmentation n’entraîne pas de modification sur le métabolisme phospho-calcique, il serait plus juste de considérer la PTH et le calcitriol, dérivé de la vitamine D, comme les deux principales hormones du métabolisme phospho-calcique.

Le calcium agit aussi dans la contraction musculaire par l’intermédiaire de l’ion calcium Ca2+. Le calcium est stocké dans le muscle dans des citernes et est libéré sous l’influx nerveux pour activer les molécules qui vont permettre la contraction musculaire.

Le calcium sert aussi à réguler le pH corporel, il est relargué des os lorsqu’il y a une acidification du milieu interne provoquée par une consommation de produit acidifiant (protéines, laits…) et une faible consommation de végétaux (ceux ci ont un effet alcalinisant).

 

 

Equilibre Calcique

L’équilibre calcique est déterminé par la relation entre les apports calciques d’une part, et l’absorption et l’excrétion du calcium d’autre part. Des variations relativement faibles dans l’absorption et l’excrétion du calcium peuvent neutraliser un apport élevé ou compenser un apport faible.
Les besoins nutritionnels en calcium sont essentiellement déterminés par la balance entre l’efficacité de l’absorption et le taux d’excrétion.
Chez l’adulte le taux d’absorption du calcium via le système digestif doit correspondre à l’ensemble des pertes quotidiennes afin d’assurer la préservation du squelette. Chez l’enfant et l’adolescent un apport supplémentaire est nécessaire pour couvrir les besoins de l’accroissement du squelette.
L’excrétion de fait par voie intestinale, rénale (urine), par la desquamation (perte des couches superficielles de l’épiderme) ou encore par la perte des cheveux et celle des ongles.
Le métabolisme du calcium est sujet à de considérables variations inter-individuelles, à la fois en ce qui concerne l’absorption et l’excrétion du calcium, pour des raisons qui ne sont pas encore complètement connues mais qui incluent la vitamine D, l’apport en sodium et en protéine, l’âge, la ménopause chez la femme. 
Chez les patients atteints d’hypoparathyroïdie, on cherchera à optimiser l’absorption de calcium tout en réduisant son excrétion pour éviter les effets secondaires (calculs rénaux par exemple).

Absorption du Calcium

À de bas niveaux d’apport calcique le calcium est principalement absorbé par transport actif transcellulaire, tandis qu’à de plus hauts niveaux d’apport une proportion de plus en plus importante du calcium est absorbée par simple diffusion paracellulaire. L’absorption varie ainsi en fonction inverse de l’apport calcique, variant de 70% pour de très bas niveaux d’apport à 35% environ pour des apports calciques importants.

En tenant compte des pertes calciques incompressibles (selles, urines, desquamation, sueur) le pourcentage net d’absorption (apports moins pertes) est négatif pour de bas niveaux d’apport, devient positif avec l’augmentation des apports, atteint un pic à environ 30 % d’absorption pour un apport quotidien d’environ 400 mg, puis recommence à diminuer pour des apports allant au-delà de ce taux.

Les personnes qui ont un taux d’absorption du calcium naturellement bas risquent de rencontrer des difficultés supplémentaires si il sont atteints d’hypoparathyroïdie car il leur faudra absorber de grandes quantités de calcium au risque d’en excréter également de grandes quantités avec les effets secondaires nocifs potentiels.

Excrétion du calcium

La part non absorbée du calcium se retrouve principalement dans les selles, accompagnée de la part non absorbée du calcium contenu dans les sucs digestifs.

L’excrétion urinaire de calcium est extrêmement sensible aux modifications du taux plasmique de calcium : des diminutions à peine détectables de moins de 2 mg de calcium par litre de plasma sanguin suffisent pour induire une diminution trente fois supérieure de l’excrétion urinaire de calcium. Cette réponse rénale très sensible à la privation de calcium se combine avec la relation inverse entre apport calcique et taux d’absorption pour stabiliser la concentration plasmatique de calcium ionisé (en cohérence avec son importance physiologique) et pour préserver l’équilibre entre les entrées et les pertes calciques. Cependant il existe un niveau incompressible de pertes calciques dans les urines, qui dans le contexte du niveau de consommation en sel et en protéines des pays développés se situe à environ 140 mg/j.

En plus des pertes calciques urinaires et fécales, il existe des pertes à travers la desquamation, la chute de cheveux, les ongles. Ces pertes insensibles, difficiles à mesurer, seraient de l’ordre de 40 à 60 mg par jour et ne varient pas avec le niveau d’apport calcique dans l’alimentation.


Symptômes liés à un déséquilibre du calcium

Liés à un déficit en calcium : ostéoporose, fractures, caries dentaires, insomnies, crampes musculaires, tétanie, irratibilité, hyper-tension, toxicité au plomb ou au cadmium, cancer, etc.

Liée à une toxicité : fatigue, dépression, faiblesse musculaire, douleur, artériosclérose, arthrite, calculs rénaux, ralentissement du métabolisme, constipation, rigidification de la colonne vertébrale, retrait social, etc.

Liés au calcium inactif : dans beaucoup de cas, le calcium est stocké dans l’organisme mais sous une forme qui n’est pas utilisable activement. Cela entraîne des symptômes liés à la fois au manque et à l’excès de calcium avec un niveau trop faible de calcium actif et un niveau trop élevé de calcium global (le calcium inactif est souvent stocké sous forme d’un oxyde de minéral comme le manganèse, le fer, l’Aluminium, etc.).

Comment tester l’équilibre calcique ?

 

Dans le sang. C’est un test effectué régulièrement pour les malades atteint d’hypoparathyroïdie. On teste le taux de calcémie à un instant donné. Attention : le niveau de “confort” varie beaucoup d’une personne à une autre, il faudrait idéalement connaitre son taux de calcium avant l’apparition de la maladie d’hypoparathyroïdie pour s’en servir ensuite comme référence.

Dans les urines. Ce test permet de savoir qu’elle quantité de calcium est éliminé via les reins. Cette mesure est cependant sujette à de fortes variations quotidiennes liées au stress, à l’alimentation, aux facteurs hormonaux, etc. On teste souvent les urines sur 24h.

Via les rayons X. Ceci permet d’évaluer la densité du squelette. Pas très utile pour les patients atteints d’hypoparathyroïdie car en général la prise de compléments de calcium pour compenser l’absence de PTH a tendance à renforcer le squelette.

Test des cheveux. Le niveau de calcium varie beaucoup dans les cheveux et n’est donc pas très intéressant pour le seul calcium. Par contre, il permet de connaitre la concentration en minéraux qui affecte le métabolisme du calcium et d’évaluer le degré de calcium actif, inactif, stocké dans les tissus et perdus dans les cheveux. L’excès de calcium sous une forme inactive (souvent des oxydes ou des carbonates) génère des problèmes graves. Le calcium devient alors un minéral toxique pour l’organisme pouvant causer un rétrécissement des artères, des dépôts dans les artères, les reins, le coeur, le cerveau, etc. Les mesures de la vitesse d’oxydation sont des indicateurs importants pour évaluer le bon fonctionnement du métabolisme du calcium.

Comment corriger un déséquilibre du calcium dans l’organisme ?

Il ne faut pas corriger le calcium séparément des autres minéraux. Le métabolisme du calcium est tellement lié aux autres minéraux qu’il faut absolument considérer l’ensemble des facteurs. Malheureusement beaucoup de médecins, de naturopathes, etc., ne prennent pas cette situation suffisamment en considération.

Il est possible d’effectuer un test de calcium ionisé (calcium actif) qui donnera d’excellents indicateurs sur l’équilibre entre le calcium et les autres électrolytes. Ce test est bien plus précis mais compliqué à effectuer correctement.

Influence du stress.

Lorsque l’organisme est sous stress, il passe dans un état particulier “fight-or-fligth” qui provoque une excrétion anormalement élevée du calcium dans les urines. Les personnes continuellement stressées peuvent demeurer dans cet état nocif durablement.

Un autre phénomène survient dans le cas d’une oxydation ralentie ou dans la phase d’épuisement liée au stress (burnout). La concentration en sodium et potassium devient trop faible et empêche le calcium qui reste sous une forme soluble dans le sang. Le calcium précipite et se dépose dans les articulations, les artères, les reins, etc. Il ne faut pas alors simplement absorber plus de sodium et de potassium mais il faut supprimer la source du stress et travailler à retrouver un fonctionnement normal des glandes surrénales qui sont responsables de la rétention du sodium et du potassium  . 


Eléments favorables au maintien du calcium dans l’organisme

Le magnésium aide à maintenir le calcium. De bonnes sources de magnésium sont les légumes cuisinés, le beurre d’amandes, etc. La rubrique “Magnésium” vous en dira plus. A noter que la consommation de noix ou de graines n’est pas conseillé car ils sont difficiles à digérer.

Le chlore et l’acide hydrochlorique dans l’estomac et des protéines adéquates dans l’alimentation permettent une bonne utilisation du calcium.

Le potassium est également un élément permettant le maintien du calcium mais, à trop grande quantité, il devient antagoniste car il favoriser la dissolution du calcium des os. Le potassium est cependant indispensable pour le métabolisme du calcium dans beaucoup de processus enzimatiques. Il a été démontré que le potassium intervient directement dans la solidité et la densité osseuse.

Le cuivre est nécessaire pour fixer le calcium dans les os et augmenter le taux de calcium dans les cheveux. Beaucoup de personnes souffrent de problèmes liés à la présence de cuivre mais sous une forme non active. En présence d’oxydants, une déficience en cuivre contribue à une déficience en calcium.

L’iode est nécessaire au fonctionnement de la thyroïde (beaucoup de patient atteint d’hypoparathyroïdie n’ont plus de thyroïde). Une activité thyroïdienne trop faible entraîne une proportion de calcium inactif trop importante. L’iode se trouve notamment dans les poissons, les fruits de mer et le varech.

Le bore améliore l’activité des glandes surrénales et favorise la disponibilité du cuivre actif. Le bore se trouve dans les haricots, les légumes à feuilles.

Les vitamines A et D sont importantes pour la bonne utilisation du calcium et sont souvent déficitaires chez les personnes. La vitamine A se trouve dans les huiles de poissons et la viande. Certaines personnes utilisent la béta-carotène comme substitut à la vitamine A mais la béta-carotène doit être convertie en vitamine A par les glandes thyroïdiennes …

La lumière infrarouge est également très bénéfique au métabolisme du calcium.

Eléments défavorable au maintien du calcium dans l’organisme

Le sucre sous toutes ses formes, y compris dans les fruits et les jus, impacte l’équilibre entre le phosphore et le calcium dans le sang plus que tout autre facteur. Il stresse aussi les glandes surrénales et affecte l’équilibre hormonal lié au métabolisme du calcium.

Le plomb et le cadmium sont également des antagonistes du calcium et tendent à le remplacer dans les os. Une toxicité cachée du plomb est une cause importante de problèmes osseux. Les tests sanguin ne permettent pas toujours de révéler ce problème car les métaux sont imprégnés dans les os. Un test des cheveux est bien plus révélateur car ces métaux s’y retrouvent naturellement.

Un niveau de fluorite trop important peut également remplacer le calcium dans les os. Il faut notamment faire attention aux eaux fluoritées comme les jus de fruits reconstitués ou les sodas. Des aliments comme le thé sont naturellement riches en fluorite.

Un niveau de phosphore trop important qui se lie avec le calcium et limite son absorption lors de la digestion. Il faut limiter les sodas et les protéines animales.

Les phytats également se lient au calcium. On les trouve notamment dans les graines et les haricots.

L’acide oxalique peut aussi interférer avec le calcium. Eviter de grandes consommation d’épinards, de rhubarbe ou encore de thé.

Une acidité trop faible au niveau de l’estomac et un régime trop faible en protéine est défavorable à l’utilisation du calcium.

Des niveaux en sel ou en potassium trop élévés agissent en dissolvant le calcium des os.
 

Facteurs nutritionnels affectant les besoins en calcium

Il s’agit principalement du sodium et des protéines animales (qui tous deux augmentent les pertes calciques urinaires).

Les facteurs alimentaires qui influencent les pertes urinaires de calcium ont une influence majeure sur la balance calcique et pourraient même être de plus grande importance que ceux qui influencent la disponibilité intestinale du calcium. Les pertes urinaires en calcium sont plus importantes dans les alimentations qui contiennent des apports élevés en protéines animales, sulfates, sodium, café, thé et alcool, que dans les régimes alimentaires qui en intègrent des quantités plus faibles.

Nous vous invitons à lire la rubrique “Alimentation” dans l’onglet “Ressources” pour en savoir plus.

Conséquences d’un excès de calcium

Une étude portant sur une cohorte de population en Suède a mis en évidence une mortalité plus élevée pour les femmes ingérant plus de 1400 mg de calcium par jour, en particulier sous forme de supplément. Par ailleurs, plusieurs études établissent une corrélation entre une forte ingestion de calcium et une incidence élevée de cancer de la prostate.

D’autres conséquence comme le développement de calculs rénaux ou la calcification d’organes peuvent entraîner des problèmes important (cardiaques, etc.).

Ces données ne sont pas réjouissantes pour les malades atteints d’hypoparathyroïdie et justifient pleinement l’attention qu’ils doivent porter aux apports alimentaires de calcium et aux compléments sous forme de comprimés en calcium : la prise de grandes quantités de calcium risque d’avoir des conséquences graves et pourtant il faudra prendre plus de calcium qu’un sujet sain pour pallier l’absence de régulation du taux de calcium par les glandes parathyroïdiennes.

Comment détecter et gérer une hypercalcémie

En cas de prise trop importante de calcium ou de vitamine D active, le patient risque de développer une hypercalcémie. Des signes comme une bouche sèche, une augmentation de la soif, un besoin inhabituel d’uriner, des maux de tête, une fatigue, une perte d’appétit, etc., doivent être des signaux d’alerte.

Une hypercalcémie doit être prise au sérieux car elle peut conduire à des symptômes très graves (risques cardiaques sans parler des calcifications des tissus moux).

En cas d’hypercalcémie, il est conseillé de suspendre très momentanément le traitement et de bien s’hydrater.

Comment détecter et gérer une hypocalcémie

En cas de baisse importante du niveau de calcium, le patient risque de développer une hypocalcémie. Des signes comme des fourmillements, des crampes ou un gros coup de fatigue doivent alerter.

Dans ce cas, il faut augmenter momentanément la prise de calcium et de vitamine D active. Dans les cas d’hypocalcémie grave, un passage par une hospitalisation peut s’avérer nécessaire avec, si besoin, une perfusion de calcium. C’est d’ailleurs à de telles occasions que le flyer sur la maladie sera très utile car le personnel soignant sera souvent désemparé face à cette maladie rare.

En cas d’hypocalcémie chronique avec un impact trop important sur la qualité de vie du patient, il faut alors discuter avec son médecin de traitement alternatifs tels que la prise de PTH-1-34 (Forstéo) et, à l’avenir peut-être, de PTH-1-84 .